samedi 8 mai 2010

Le jeu à quatre mains...

"...
[...]Chacun à notre tour, nous allons mettre un coup de pinceau, disait-il. [...]
Un coup de pinceau qui n'est pas empreint de vie, et ta composition meurt.[...]
Si j'arrivais à une séance nerveuse, soucieuse, agacée par les soucis quotidiens, mon trait était tremblant, flou, balbutiant, mal maitrisé, inintelligible. A la fin du cours, il écrivait sur une feuille "oisiveté". "Il faut qu'à la prochaine séance tu travailles cette idée-là." Rentrée chez moi je travaillais l'idée d'oisiveté et de détachement pour faire naître la puissance d'expression naturelle....
..."

Extrait de "Passagère du silence." Chez Livre de Poche. 2005. De Fabienne Verdier.




jeudi 6 mai 2010

Il y a une route.....

" La route est longue mais il y a une route...
Le changement relève ... d'efforts réguliers. Ce qui ne veut pas forcément dire dans très longtemps. Aller mieux peut commencer aujourd'hui. On peut - et on doit, même - ressentir très tôt les bénéfices de ses efforts. En revanche, ils ne sont pas encore résistants et automatisés; seule la pratique régulière va transformer ces efforts délibérés en automatismes moins couteux en énergie psychique. Une source de démotivation classique dans nos efforts sur le long cours, ce sont ces moments où l'on se voit reculer et revenir à nos vieux démons. "Chassez le naturel, il revient au galop." Je déteste cette formule, pleine de malveillance envers qui fait des efforts de changement. Ne la laissez pas vous impressionner. Les retours en arrière sont normaux dans tous les apprentissages. Même des efforts de changement bien conduits, avec sincérité et volonté, avec la bonne méthode, dans la bonne direction, n'empêcheront pas le retour de vieux démons, sous l'effet de la fatigue, de la répétition des problèmes, de la confrontation à une situation qui nous laisse particulièrement démunis, ou tout simplement d'une certaine négligence. C'est normal : ces reviviscences ne signifient pas que nos efforts ont été vains ou que le changement est impossible. Cela signifie juste que la vie est dure, et que lorsqu'on est fragile, il faut prendre soin de soi..."

Extrait de "Imparfaits, libres et heureux " Pratique de l'estime de soi.
de Christophe André.




jeudi 29 avril 2010

L'essentiel est de commencer...

"...
...Nous étions à 48km de Kaboul. L'homme avait donc parcouru 38km en un peu moins de six heures. Ma curiosité augmenta. Je me mis, à partir de ce moment là, à observer très attentivement la façon de respirer des nomades, chaque fois que je le pouvais.
...
J'ai signalé ces rythmes à des amis , là-bas, devenus depuis des adeptes de ce que je me suis permis d'appeler la marche afghane...
...
Les résultats obtenus aux plans physique, mental, spirituel, nerveux, ont été tellement convaincants, ont permis à tant de nouveaux adeptes, ailleurs, de retrouver une vitalité accrue, le sommeil réparateur, une résistance nouvelle, le bien-être corporel, et la paix intérieure, que mon ami chirurgien, lui-même, insista pour que j'essaie de présenter de façon systématique ce que constitue un moyen de suroxygénation naturelle...
...
Que votre motivation soit puissante ou faible, que vous vouliez vous régénerer ou non, ... , il ne vous sera pas nécessaire de faire preuve de courage exceptionnel. Il vous suffira, au début, de pratiquer la synchronisation de la marche et des exercices respiratoires au cours des actes de votre vie quotidienne, en vous rendant, par exemple, à la station de métro ou d'autobus la plus proche, - si vous ne voulez pas ou si vous ne pouvez pas faire mieux. L'essentiel est de commencer..."

Extrait de "Régénération par la marche afghane." Chez Guy Trédaniel Editeur. 2004. De Edouard G.Stiegler.

samedi 10 avril 2010

La Gymnastique instinctive

"...
...L'objectif de la Gym instinctive est de proposer une gamme d'exercices et de précautions gestuelles et mentales matinales, fondée sur le bon sens et l'observation des animaux. Elle suggère des exercices et des précautions destinées à prévenir les ennuis articulaires et musculaires, à entretenir ou à améliorer la forme physique et les qualités motrices et à favoriser une bonne mise en route mentale.
Il ne viendrait à l'idée d'une personne sensée de sauter dans sa voiture le matin par un temps glacial et de démarrer en trombe. Chacun sait qu'une mise en température progressive du moteur est indispensable pour en éviter la casse à plus ou moins long terme.
Il parait inconcevable que le corps, une "machine" d'une perfection inégalable, ne bénéficie pas de l'attention portée à un quelconque moteur..."

Extrait de "Des réflexes observés chez les animaux à ma gym instinctive. Des exercices et des conseils pour, dès le réveil, optimiser mon potentiel physique et mental." Chez @mphora, 2009. De René Castagnon.

vendredi 2 avril 2010

Vivre nos émotions.

"...
...Cette attitude d'évitement de nos émotions, pensées ou sensations physiques s'appelle évitement expérientiel et peut devenir une habitude. Qui, en effet ne ferait la sourde oreille à des émotions et sensations si les messages reçus sur cette fréquence étaient trop souvent désagréables? Faire comme si telle émotion n'existait pas, c'est comme monter le son de l'autoradio quand on entend un bruit bizarre dans le moteur de sa voiture. Manoeuvre efficace pour faire disparaître le bruit, mais beaucoup moins pour empêcher le moteur de s'arrêter quelques kilomètres plus loin. Le psychologue Steve Hayes et ses collègues... ont conclu, après avoir étudié plus de cent travaux de recherche, qu'un grand nombre de troubles émotionnels de toute sortes résultent d'efforts nocifs pour fuir et éviter les émotions. Si nous essayons de nous dissimuler nos sensations corporelles, nos pensées et nos émotions, tout ce qui constitue notre expérience émotionnelle, notre "moteur" mental risque fort de nous lâcher, lui aussi!
A la longue, l'évitement expérientiel n'est pas une manière efficace de gérer nos émotions déplaisantes. Car, même extérieures à notre conscience, elles sont toujours là et elles continuent à déclencher les réactions habituelles qui peuvent transformer des sensations désagréables passagères en une souffrance persistante. Si nous n'en prenons pas conscience, nos sensations déplaisantes vont influencer directement et indirectement nos attitudes et nos jugements d'une manière que notre mal-être en sera perpétué. Si nous n'en prenons pas conscience. Tout est là. Quand l'évitement est devenu une habitude, comment apprendre à reprendre contact sans être submergé par nos émotions? Nous disposons, pour nous y aider, d'un dispositif interne appelé "baromètre intérieur"....
..."

Extrait de "Méditer pour ne plus déprimer. La pleine conscience, une méthode pour vivre mieux." Préface de Christophe André.
Chez Odile Jacob, 2009. De Mark Williams , John Teasdale, Zindel Segal, Jon Kabat-Zinn.




jeudi 25 mars 2010

Les enfants sont nos maîtres de bonheur.

"...
Les enfants vivent au présent : ils savent naturellement éviter anticipations et ruminations qui usent nos âmes d'adultes. Leurs expériences de vie, même les plus anodines en apparence, construisent de manière souterraine et invisible un réservoir de bonheurs futurs, une malle aux trésors dans laquelle ils puiseront plus tard, et qui leur permettra de survivre aux épreuves, aux douleurs. L'enfance est aussi l'âge de l'apprentissage des bonheurs à venir. Car le bonheur s'apprend, et comme tous les apprentissages, cela commence par l'imitation des modèles : que me montrent papa et maman de la beauté de la vie? De la manière dont on fait face à l'adversité?
Mais gardons-nous d'idéaliser les bonheurs de l'enfance. Ils ne seront plus jamais possibles tels quels, avec la même spontanéité. C'est une erreur que de vouloir retrouver à tout prix cet état de grâce originelle, et de penser que le bonheur ne peut être que naturel, qu'il suffit de l'attendre. Comme si un bonheur acquis dans l'effort était de nature inférieure et moins intense. Quelle naïveté, lorsque nous raisonnons ainsi! Ou quelle paresse...
Autre erreur, autre douleur : ne plus revivre ses bonheurs d'enfance que derrière les brumes de la nostalgie. Devenir ainsi comme un exilé de son bonheur passé.
#    #    #        Se réjouir de ce qui fut, plutôt
                     que de le pleurer : lorsqu'il concerne
                     le bonheur, l'exercice est difficile...
                     Ce n'est pas une raison pour y renoncer.

..."

Extrait de "De l'art du Bonheur. "Le bonheur peut s'apprendre" L'Iconoclaste , 2006, de Christophe André.




lundi 15 mars 2010

La déprime du milieu de la vie...

"...
A cette période, on est confronté à la pensée précise, et non plus à une vague croyance, que l'on est mortel. Et la disparition de nos parents ou grands-parents vient nous le certifier douloureusement. Ce deuil nous renvoie au deuil de notre enfance et d'une partie de notre jeunesse. Un certain degré de déprime - à moins de rester imperméable à ces questions - est inhérent à cet âge. Elle nous prépare à affronter les futures épreuves en prenant conscience de la force intérieure qui nous évite la dépression, et nous aide à combattre notre incompréhension de la vie. Cette force, il est rare qu'elle nous soit donnée comme cadeau de nos ancêtres; il faut le plus souvent partir à sa recherche. Désormais, nous savons que l'on est confronté à la vie et à la mort et que l'on doit privilégier l'une sans désavouer l'autre.
..."


Extrait de "Eloge de la déprime. Non à la dictature du bonheur." Milan, Coll Déclic de soi , de Dr Gérard Tixier. Anne Lamy.